Densifier, oui, mais pas n’importe comment !

Cliquez sur l’article pour l’agrandir !

Un article très intéressant paru dans le journal Le Courrier du 10 janvier dernier a retenu notre attention. Il s’intitule « Bien réfléchir avant de densifier » et fait entre autre référence à des densifications intensives de villages, suite à l’acceptation de la LAT (Loi sur l’Aménagement du Territoire).

Que reste-t-il de l’âme de villages trop rapidement et trop excessivement densifiés ? Exit les espaces verts, les vergers, les grands arbres historiquement présents au centre de ces villages. Bonjour les nouvelles constructions fonctionnelles, fades et sans histoire.

Cet article fait réfléchir et questionne citoyens et autorités sur ces questions de densification. La nouvelle LAT était nécessaire, mais il reste une marge de manœuvre pour ne pas dénaturer nos villages.

Pacte écologique selon Aurélien Barrau

Nous voulons partager avec vous cette courte présentation vidéo concernant l’urgence écologique actuelle vue par le scientifique astrophysicien Aurélien Barrau. Soyez avertis : il ne nous apporte pas de très bonnes nouvelles. Ce qu’il nous apporte surtout, c’est un argumentaire très solide qu’il est difficile de contester.

Malgré cela, et son propos n’est finalement pas nouveau, les actions concrètes et positives peinent à émerger, que ce soit au niveau des institutions internationales, des États ou des citoyens. Or, comme le dit Aurélien Barrau, il faut agir à tous les niveaux.

Cette faculté qu’a l’être humain de jouer à l’autruche et de se dire que finalement, seul, il ne peut rien changer, a été décrite et analysée dans un livre passionnant : « Le syndrome de l’autruche », de George Marchall, aux éditions Actes Sud.

A noter que ce livre, dans son édition française, est préfacée par Cyril Dion (coréalisateur du documentaire « Demain » ) et Jacques Mirenowicz (corédacteur de la Revue Durable et initiateur de l’association « Les Artisans de la Transition » ).

Aurélien Barrau parle notamment de mesures impopulaires à prendre de toute urgence. Cependant, et l’actualité française nous le rappelle, une grande frange de la population un peu partout en Occident souffre de paupérisation, ce qui rend ces fameuses mesures impopulaires quasiment impossibles à introduire, compte tenu des disparités criantes de revenus dans notre société.

Il ne s’agit donc pas seulement de se battre uniquement pour la cause environnementale, mais bien pour une transition globale du système. Nous ne pouvons que vous conseiller la lecture d’une BD très éclairante, « Hypercapitalisme » aux éditions Seuil et Delcourt, qui explique d’une part ce qu’est devenu le capitalisme aujourd’hui et d’autre part, que des alternatives bien plus durables et positives existent.

Il est donc tout à fait possible de faire quelque chose à notre petit niveau. Adhérer à des associations (comme Baulmes Demain ou comme les Artisans de la Transition), lire, se former, et petit-à-petit, opérer des changements positifs chez vous aussi dans votre entourage!

L’érable vénérable de Baulmes est sauvé

Cliquez sur l’image pour l’agrandir…

A la sortie du village, en direction de Vuitebœuf, juste avant le Bois des Indiens, vous ne pouvez pas manquer cet arbre majestueux, un érable champêtre plus que centenaire. Il y a peu de temps, la Commune avait décidé de l’abattre suite à la découverte de fentes inquiétantes sur son tronc. La raison était donc principalement sécuritaire, pour éviter un accident avec un promeneur.

Un groupe de citoyens a fait opposition à l’abattage, suggérant plutôt d’effectuer des travaux d’assainissement. La Commune n’a heureusement rien eu à débourser, les frais ayant été pris en charge par le Canton. C’est bien dans une perspective de soutien à la biodiversité que l’action a été menée.

Cette histoire est relatée dans un article de La Région Nord vaudois du lundi 17 décembre 2018.

Révolution silencieuse – projection en présence des protagonistes !

La suite de la saison se poursuit avec une projection de l’excellent documentaire local « Révolution silencieuse » .

Certains d’entre-vous l’ont probablement déjà vu. Ce que nous proposons en plus, c’est la participation des deux principaux protagonistes, en chair et en os, Cédric Chezeaux et Marc Haller ! Un apéro composé des pains de Marc Haller sera d’ailleurs proposé avant la projection !

Cette activité vous est proposée par la Bergeronnette, association de l’Abergement, dans le cadre d’une collaboration avec Baulmes Demain que nous espérons fructueuse et enrichissante.

Agissons pour défendre la biodiversité

Dans le cadre de la dernière saison, l’association a eu l’opportunité de proposer plusieurs événements promouvant une biodiversité riche et robuste. Nous parlions notamment de découvertes scientifiques récentes inquiétantes, voire alarmantes, quant à la chute de population chez les insectes et, par ricochet, de la population des oiseaux de nos régions.

https://baulmesdemain.wordpress.com/2018/03/25/apres-les-martinets-les-abeilles-maconnes/

Ces derniers temps, plusieurs médias informent la population de ce problème pour le moins sérieux. Nous vous conseillons l’écoute de l’émission RTS Prise de Terre du samedi 27 octobre 2018, consacrée en grande partie au festival Salamandre (la Salamandre qui fête par ailleurs ses 35 ans d’existence).

Nous rappelons ici que la biodiversité de notre environnement fournit aux sociétés humaines des services gratuits essentiels, comme l’épuration de l’air et de l’eau, la pollinisation, ou encore la fertilisation des sols. On les appelle : services écosystémiques ou services écologiques.

Sur le même sujet, nous vous conseillons vivement de voir le Temps Présent du 19 octobre 2018 : Le silence des oiseaux.

Le titre de ce reportage fait bien sûr penser au livre « Le printemps silencieux » écrit par Rachel Carson en 1962, et qui avait fait grand bruit (sans mauvais jeux de mots).

N’avons-nous pas appris de nos erreurs ? Nous n’avons fait que remplacer des produits phytosanitaires par d’autres (les DDT par les néonicotinoïdes), potentiellement plus dangereux pour notre biodiversité et au final pour notre santé à nous humains.

Nous devons donc poursuivre nos efforts, dans un esprit positif de reconquête de cette biodiversité perdue. L’agroécologie, la permaculture sont des disciplines prometteuses et enrichissantes. Il faut également favoriser une agriculture bio, sans utilisation de produits phytosanitaires, et non-intensive. Enfin, on peut tous participer à ce mouvement, en apprenant à mieux connaître cette biodiversité pour mieux la protéger (exemple avec la Charte des jardins).

Soirée découverte des chauves-souris de la Carrière de Baulmes

Plus de 40 personnes ont participé à la soirée de découverte des chauves-souris organisée à la Carrière des Rochettes de Baulmes, le jeudi 20 septembre dernier, à l’initiative de l’association « Baulmes demain ». Les participants n’ont pas été déçus : 68 chauves-souris de 8 espèces différentes ont pu être capturées au filet et présentées dans leurs moindres détails à un public ravi, grâce aux travaux et aux explications réalisés par des spécialistes de l’Université et du Musée zoologique de Lausanne, Laura Clément, Nadia Bruyndonckx, Philippe Christe et Olivier Glaizot.

La Carrière des Rochettes et ses nombreuses galeries sont situées au-dessus du village de Baulmes à une altitude de 750 à 800 m. L’exploitation, destinée à l’usine des Chaux et Ciments, a débuté vers 1900 dans la mine supérieure. Elle s’est interrompue vers 1920, au profit d’une autre mine, située légèrement plus bas. Ces galeries seront utilisées jusqu’à la guerre. Puis c’est à ciel ouvert dans la carrière des Rochettes que se poursuivra l’exploitation pour l’usine des Chaux et Ciments dont l’arrêt définitif interviendra en 1962.

Depuis lors, la carrière des Rochettes héberge une biodiversité remarquable. En premier lieu, ce sont bien sûr les chamois ou le renard qu’on peut observer à loisir, mais aussi des oiseaux originaux, comme l’hirondelle de rochers ou le tichodrome échelette et également des batraciens : crapaud commun et accoucheur, grenouille rousse, salamandre tachetée, triton alpestre. On y trouve également une flore remarquable avec plusieurs espèces d’orchidées rares et protégées. Mais ce sont surtout l’abondance et la diversité des chiroptères qui en font son intérêt exceptionnel. En effet, si 32 espèces de chauve-souris ont été recensées en Suisse 14 d’entre-elles ont été découvertes ces dernières années dans les galeries de la carrière des Rochettes, dont certaines sont rarissimes en Suisse. Il s’agit tout simplement du site le plus riche de Suisse !

Durant la soirée du 20 septembre, 8 de ces 14 espèces ont été contrôlées, comme la Pipistrelle commune, la plus petite espèce de Suisse, avec son poids de 3 à 8 grammes, la plus commune lors de cette soirée avec 36 individus capturés. Deux Grands rhinolophes, l’une des plus grandes espèces d’Europe, dont le poids varie entre 17 et 34 grammes, pour une envergure de 35 à 40 cm, ont été capturés. L’espèce est pourtant très rare. C’est seulement la deuxième fois en 20 ans de prospection qu’elle a pu être identifiée ici.

Parmi les autres observations, on mentionnera 2 oreillards roux, 9 minioptères de schreibers, 4 grands murins, 10 sérotines commune, 4 barbastelles d’Europe et un murin de daubenton.
Comment comprendre cette abondance et cette diversité exceptionnelles des chauves-souris dans ce milieu ? Une des explications réside dans la structure et les conditions régnant dans ces galeries. A partir d’une profondeur suffisante, les conditions thermiques de ces mines ne varient pas dans le courant de l’année. La température qui y règne est la température moyenne annuelle. Or, la galerie supérieure présente un développement de plus de 6 km et celui de la galerie inférieure atteint près de 11 km. Suivant les endroits, dans ces dédales, les chauves-souris trouvent les conditions qu’elles recherchent, dans des emplacements dont la température varie entre 4°C et 7°C.

Une telle manifestation est essentielle pour faire découvrir à tout un chacun le rôle et la variété des chauves-souris de nos contrées. Si, historiquement, elles pouvaient inspirer craintes et superstitions, nul doute que leur observation et les explications très détaillées et très didactiques données par les scientifiques sur leur mode de vie et leur rôle dans les écosystèmes vont plutôt les rendre admirables aux yeux des observateurs qui ont eu la chance de les voir.

Texte : Pierre-Alain Ravussin
Photos : Esther Rehacek